Jeudi 13 Juillet 2006
Zin'dine je t'aime!
Par emmabovary, Jeudi 13 Juillet 2006 à 02:20 GMT+2 dans Stars et autres astres

Cher Zin'dine,
Qui aurait pensé que moi, l'hermétique au sport, l'imperméable au foot, l'indifférente aux idoles nationales, serait prise d'un tel coup de foudre pour toi, mon Zin'dine? Parce que c'est vrai, avant, pour moi, Zidane, oui, c'est sûr, il jouait bien, même très bien, mais vous savez, moi, le foot... Et puis les grandes figures derrière qui tout le monde doit se rassembler, un peu comme Johnny ou Miterrand, je m'en suis toujours méfiée et donc toujours un peu tenue à l'écart.
Mais depuis quelque jours, je dois le reconnaître, je suis le troupeau. Avec joie et fierté, même! Mon Zin'dine, j'ai découvert avec toi plein de choses que je ne soupçonnais pas.
Tout d'abord, un amour patriotique que j'étais sûre de ne pas connaître, moi, la poly-nationale, sans une vraie nation à soutenir, à revendiquer, ni à défendre, moi, la franco-suisse qui se fait moquer pour son accent en France, et snober pour de sombres raisons en Suisse. J'ai découvert que je l'aimais, ce satané pays, cette France dont on nous rabat tellement les oreilles avec ses droits de l'homme et son équipe de foot! Quand nos Bleus ont perdu, dimanche, j'ai senti un flot monter en moi et déborder par le yeux, tellement j'aurais voulu qu'on l'aie, cette coupe! Et de la même façon que j'avais vibré le soir de la victoire contre l'Espagne, puis de celle contre le Brésil, je me suis effondrée, là, face à cette défaite. C'est à ce moment que je me suis rendue compte que ce pays, cette nation, je la portais en moi, accrochée à mon coeur, attachée à mes tripes! Et derrière les larmes, il y avait de la joie!
Zin'dine, ta sortie, l'autre soir, Dieu sait si on en a parlé! Et toi, ce soir, tu nous en a parlé à ton tour. Pourquoi? Pourquoi te justifier? Tout le monde t'aime, Zin'dine, et te comprends. Ce que tu as fait, tu l'as fait! Peu importe, au fond, ce qu'il t'a dit, là, l'autre en bleu, ni ce que l'on t'a reproché après. Pour moi, tu n'avais pas besoin de te justifier.
Oui, je t'aime, Zin'dine! Je t'aime parce que la première fois que je t'ai vu en dehors d'un terrain de foot, c'était sur la scène des Enfoirés, tiré en avant par je ne sais plus quelle chanteuse qui faisait tous les efforts du monde pour t'intégrer dans le spectacle. Mais toi, tu avais l'air si emprunté, ne sachant pas que faire de tes longues jambes, et encore moins de tes grandes mains (dans ces cas-là, nos membres nous paraissent toujours trop grand!). J'ai été tellement touchée par tant de simplicité, la timidité de l'homme à qui on avait dit qu'il jouerait au football, pas qu'il hanterait les plateaux télé!
Je t'aime aussi parce que tu es beau, Zin'dine! Ce sourire, il me fait toujours craquer! On dirait que c'est le ciel qui s'entrouvre à chaque fois que tu nous montre tes dents. Et tes yeux! Pas de doute là-dessus: avec un regard comme ça, tu ne peux pas être autre chose qu'un vrai gentil! Et pour ce regard si doux, pour ce sourire de gosse heureux, j'irais en Patagonie sur les orteilles!
Enfin je t'aime, Zin'dine, parce qu'au delà du foot, c'est tout un pays qui se rassemble derrière toi, dans ce qu'il a de meilleur: sa joie, sa générosité, et son sens de la communauté. Tout un peuple qui a décidé que l'un des plus grands symboles de son pays serait fils d'un Algérien immigré, enfant de la cité, et avec un nom qui sonne aux oreilles comme le passage d'une abeille!
Pour tout ça, Zin'dine, je t'aime! Grâce à toi, la France n'a plus aucune excuses pour continuer de faire semblant d'ignorer qu'elle doit être fière de cette "diversité", comme l'a dit notre ami Jacques C., parce que ce sont des hommes comme toi, qui font la France aujourd'hui! Un symbole plus grand que la tour Eiffel, plus savoureux que les escargots de Bourgogne, plus élégant qu'un diplomate, et plus fort que le général de Gaulle! C'est toi, Zin'dine, notre symbole!
Avec tout mon amour
Emma





